Prenons un exemple courant : un abri de jardin en bois de 2,50 m sur 2 m, toit à une seule pente, couvert de tôles ondulées en acier galvanisé posées il y a une vingtaine d’années. Les tôles ont rouillé aux recouvrements, deux vis ont pris du jeu, et l’intérieur est si sombre qu’il faut une lampe pour trouver le sécateur. Plutôt que de remettre de la tôle, son propriétaire décide de passer au polycarbonate, pour la lumière autant que pour l’étanchéité. Le chantier est à la portée d’un bricoleur, à condition de faire les bons choix avant de dévisser la première tôle.
Avant de dévisser, regarder ce qu’on a vraiment sur le toit
Il faut d’abord s’assurer qu’il s’agit bien de tôle. Une plaque ondulée grise, mate, d’aspect fibreux, n’est pas du métal mais du fibrociment, et si l’abri est antérieur à 1997, date de l’interdiction de l’amiante en France, elle peut en contenir. Dans ce cas, on ne la casse pas, on ne la perce pas, et l’on se renseigne auprès de la déchèterie ou de la mairie sur la filière qui l’accepte avant toute dépose. Dans notre exemple, un aimant colle aux plaques : c’est bien de l’acier, qui partira avec la ferraille.
Reste la charpente. On sonde les pannes et les chevrons à la pointe d’un tournevis : un bois qui s’enfonce sous la pression est à remplacer, surtout aux extrémités et autour des anciennes vis, là où l’eau s’est infiltrée pendant des années. Ici, une panne est à changer, les autres sont saines.
Ondulé ou alvéolaire pour un abri ?
La tôle reposait sur des pannes horizontales, comme le ferait une plaque ondulée en polycarbonate. Celle-ci reprend donc la même logique de pose, avec une différence de taille : le polycarbonate est bien moins rigide que l’acier et demande des appuis plus rapprochés. La notice indique l’entraxe maximal ; dans notre cas, il faut ajouter une panne intermédiaire au milieu de la pente.
L’alvéolaire aurait un avantage : ses lames d’air limitent la condensation, celle qui goutte sous une tôle par les matins froids et que connaissent bien les propriétaires d’abris métalliques. Mais il se pose sur des chevrons parallèles à ses bords, avec des profilés, ce qui oblige à refaire le dessus de la charpente. Pour un simple abri à outils, notre propriétaire retient l’ondulé, plus facile à poser sur la structure existante.
Côté aspect, les plaques de toiture polycarbonate ondulées existent en grande onde et en petite onde translucide ; cette dernière diffuse la lumière au lieu de laisser entrer le soleil direct, ce qui convient mieux à un local où l’on stocke des sacs de terreau, des bidons et des tuyaux d’arrosage.
Le chantier, plaque après plaque
La dépose se fait avec des gants épais : les bords de tôle coupent, et les vis rouillées cassent souvent. Une fois la panne remplacée et la panne intermédiaire ajoutée, on vérifie que toutes les pièces sont dans le même plan. Pour le reste, le matériel tient en peu de choses :
- les plaques ondulées, à recouper sur place ;
- des vis à rondelle d’étanchéité adaptées au polycarbonate ;
- des closoirs en mousse, qui ferment le haut des ondes contre les insectes et les oiseaux ;
- une perceuse, un foret un peu plus gros que les vis et une scie à dents fines.
On coupe les plaques en gardant un débord au bas de pente, pour que l’eau tombe loin du bardage. La pose commence du côté opposé aux vents dominants, afin que chaque recouvrement tourne le dos aux rafales, avec le recouvrement latéral prévu par la notice. Les vis passent toutes par le haut des ondes, dans un trou percé plus large qu’elles pour laisser la plaque se dilater. On serre jusqu’à ce que la rondelle porte, sans l’écraser : une vis trop serrée déforme l’onde et ouvre un passage à l’eau.
Ce qui change une fois les plaques posées
La différence se voit dès la première matinée : l’abri est clair, et l’on y trouve ses outils sans lampe. La condensation n’a pas disparu pour autant, car une plaque ondulée reste une simple paroi ; une grille d’aération en haut du bardage aide l’humidité à sortir. L’entretien se limite à un lavage à l’eau savonneuse avec une éponge douce, sans produit abrasif ni solvant, qui rayeraient ou terniraient la surface.
Un dernier réflexe à prendre : ne montez jamais directement sur les plaques, même pour dégager une branche tombée. Une planche posée en travers, en appui sur plusieurs pannes, répartit le poids. Le polycarbonate encaisse bien un choc, mais il n’est pas fait pour porter un adulte en appui sur un talon.


